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PLP : pas de transfert de compétences

Dans toutes les académies le constat est le même : on assiste à une offensive sans précédent en faveur de l’apprentissage...

Dans toutes les académies le constat est le même : on assiste à une offensive sans précédent en faveur de l’apprentissage.

Pendant longtemps l’apprentissage constituait une voie de formation professionnelle initiale autonome. Le jeune trouvait une entreprise et suivait des cours dans les centres de formation d’apprentis (C.F.A). Le lycée professionnel constituait une autre voie de formation professionnelle initiale ; il accueillait des jeunes voulant s’engager dans la voie professionnelle mais qui n’avaient pas trouvé de patron ou qui, plus simplement, souhaitaient poursuivre une formation par la voie scolaire, au sein de l’Education nationale.

Aujourd’hui, la coexistence des deux voies de formation est comprise.

En effet, le curseur politique est nettement en faveur de la voie patronale de formation. Ainsi voit-on se multiplier en LP le principe du « mixage des publics », c’est-à-dire le mélange au sein d’une même classe d’apprentis et de jeunes de LP.

L’habillage pédagogique est parfois subtil, souvent grossier, et toujours axé sur l’aspect professionnel oubliant une donnée fondamentale: tout futur salarié a le droit à une formation de qualité en enseignement général. Cette formation est même de plus en plus cruciale dans une société où le salarié ne fera plus toute sa carrière dans la même entreprise.

L’évolution n’est donc pas anodine, elle est fortement idéologique. Le « mixage des publics » n’est pas un progrès mais une tentative pour faire basculer toute la formation professionnelle vers l’apprentissage. Il ne s’agit pas d’une avancée mais d’un prodigieux retour en arrière de plus d’un demi-siècle.

La volonté de la mesure est claire, redonner au patronat, comme autrefois, la main sur la formation professionnelle et sur une jeunesse qui se doit d’être plus malléable. Mais contrairement à autrefois, nos entreprises reçoivent allégements de charges de l’Etat et financements régionaux.

Dans un contexte de chasse aux fonctionnaires, ce choix idéologique risque de coûter cher aux PLP. La faiblesse pour ne pas dire l’indigence des ouvertures hors apprentissage, les effets à venir du « bac pro » 3 ans vont conduire à des suppressions de postes massives.

Le processus de transfert semble donc engagé. Le SNCL n’est pas dupe, il se bat et se battra contre cette orientation. Le thème est abordé lors de chaque audience auprès du Ministre, des Recteurs ou des Régions. Les politiques nous assurent qu’il n’est pas question de « transfert de compétences ». L'histoire nous impose pour le moins la plus grande vigilance.