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Collèges

Construire le collège pour tous

Si le Collège unique n’est plus adapté aux caractéristiques et aux exigences de la société française...

CONSTRUIRE LE COLLEGE POUR TOUS AU SEIN DE L’ECOLE DE LA REUSSITE

Si le Collège unique n’est plus adapté aux caractéristiques et aux exigences de la société française de ce début du XXIième siècle de prise en charge de tous les élèves, ce n’est pas par un retour global aux méthodes d’avant 1975, encore moins adaptées, que l’on améliorera la situation.

Ce n’est pas vers une «restauration» qu’il faut aller. Nous devons au contraire nous attacher résolument à reconstruire le Collège sur des bases nouvelles et des fondations solides.

L’Ecole de la réussite constitue une exigence morale au regard de l’objectif de donner une qualification à chaque jeune.

Depuis la Loi d’orientation de 1989, le Collège ne constitue plus le cycle terminal de la scolarité obligatoire mais son cycle central. Son articulation avec le Lycée, sous ses différentes formes, est donc tout aussi essentielle que la charnière école-collège.

Elément central de la scolarité obligatoire le Collège doit prendre en charge tous les élèves qui en acceptent les règles, mais de façon beaucoup plus diversifiée pour apporter une réponse pertinente à leur extrême diversité.

Cette diversification doit aller jusqu’à ce qu’un élève administrativement rattaché à un collège puisse suivre une partie de sa scolarité en dehors de ses murs.

Dans un souci d’efficacité et d’égalité, la Nation doit se fixer des orientations ambitieuses pour l’Ecole de la République, adaptées aux exigences de la société actuelle et empreintes de pragmatisme.

C’est à la Nation, au travers de ses représentants, d’assurer la cohérence d’objectifs crédibles assignés au système éducatif.

Il ne s’agit donc pas simplement de juxtaposer un ensemble de mesures techniques pour donner un petit «coup de jeune» à notre système éducatif, mais de définir des orientations globales, structurées et complémentaires, pour ses différents niveaux.

Pour que ces orientations soient largement partagées et pour mettre en phase décideurs politiques, personnels et usagers, on ne peut faire l’économie d’un débat national sur le Collège.

Parce que le rôle de la famille et de l’Ecole sont complémentaires, ce débat doit associer largement les représentants des personnels et des usagers du système éducatif pour éviter les incompréhensions, les prises de position doctrinaires ou inapplicables comme cela a été trop souvent le cas dans le passé.

Les 19 PROPOSITIONS DU SNCL POUR RECONSTRUIRE LE COLLEGE

La réforme ambitieuse Collège dont le S.N.C.L. demande la mise en oeuvre doit déboucher sur des mesures novatrices s’articulant autour des orientations suivantes :



1- L’objectif du système éducatif consiste à conduire chaque jeune au maximum de ses possibilités c’est à dire avec l’objectif d’au moins un C.A.P., sans qu’il puisse constituer une obligation de toute façon inapplicable.

Dans ce cadre, la durée de la scolarité peut être prolongée au-delà de 16 ans dès lors que l’élève en fait la demande et qu’il respecte les règles de fonctionnement de la communauté éducative. Les années non utilisées par un jeune lui ouvrent droit à reprise ultérieure d’études (ce point est développé dans le texte de l’orientation n° 10).

Cette scolarité obligatoire extensible constitue la première étape d’une formation pouvant ou devant désormais être complétée à différentes périodes de la vie active. Durant cette prolongation, la gratuité des fournitures et de l’enseignement sera assurée.


Par contre, le SNCL n’est pas favorable à rendre la scolarité obligatoire jusqu’à 18 ans, ce qui aurait pour conséquence de maintenir deux ans de plus dans les établissements des jeunes déjà en rejet complet du système éducatif.



2- La durée de la scolarité se répartit obligatoirement sur trois types d’établissements et pourrait alors se décomposer ainsi :

• l’Ecole élémentaire, durée de 5 à 6 ans, les élèves accèdent au Collège entre 10 et 12 ans ;

• le Collège, durée de 4 à 5 ans (exceptionnellement 6 si aucun retard scolaire à l’entrée au Collège), les élèves accèdent au Lycée entre 14 et 17 ans ;

• en Lycée, durée de 2 à 4 ans exceptionnellement 5 si aucun retard scolaire à l’entrée au Lycée (2 ans correspondent à certaines formations C.A.P).



3- Un objectif prioritaire est assigné à chaque type d’établissement :

- pour l’Ecole élémentaire, l’acquisition des connaissances instrumentales de base (lecture, écriture, expression orale, modes opératoires),

- pour le Collège, la consolidation et l’approfondissement des connaissances, l’apprentissage du travail autonome et la préparation aux grands choix d’orientation,

- pour le Lycée, sous ses différentes formes, la différenciation de l’orientation, la préparation de l’insertion professionnelle et de la poursuite d’études.

Il faut noter que la réussite au Collège et au Lycée dépend étroitement du parcours scolaire antérieur même si d’autres éléments entrent en ligne de compte.



4- Dans chaque type d’établissement l’essentiel de l’horaire d’enseignement et d’éducation sera consacré à la réalisation des objectifs prioritaires. Ces objectifs seront déclinés en un ensemble de savoirs et de savoir-faire nécessaires soit à la poursuite des études dans le type d’établissement qui suit, soit à l’exercice d’un métier.

Un bilan des acquisitions des élèves sera effectué à intervalles réguliers, et de véritables actions de remédiation sont déclenchées sans délai.

Le temps supplémentaire passé à l’Ecole élémentaire par un élève sera utilisé pour lui faire acquérir, dans des groupes à effectifs très réduits, les notions de base des disciplines instrumentales qui lui manquent encore.



5- Les élèves qui n’éprouvent pas ou peu de difficultés et qui constituent la majorité, sont scolarisés dans des classes totalement hétérogènes.

Pour ces élèves, il faut également cultiver l’intérêt, entretenir le goût de l’effort en proposant à ceux qui le souhaitent divers approfondissements et des options plus nombreuses.



6- Lorsque, malgré les dispositifs évoqués précédemment, un élève a accompli la durée maximale de la scolarité en Ecole élémentaire (y compris l’année supplémentaire de rattrapage intense en groupes à effectifs réduits) sans avoir les prérequis indispensables à une scolarité au Collège, il sera néanmoins pris en charge en Collège.

Après avis d’une commission départementale pluriprofessionnelle (psychologue, assistante sociale, médecin scolaire, enseignants) présidée par l’Inspecteur d’Académie, l’élève sera placé dans l’une des classes suivantes :

• Dans une classe semi-hétérogène pour les élèves ayant des difficultés dont la persistance aggrave l’acuité.

Dans la ou les disciplines instrumentales dans laquelle ou lesquelles des carences persistent, l’élève suit alors un enseignement spécifique en groupes homogènes à effectifs très réduits et à la place des heures d’enseignement de la ou des disciplines correspondantes de sa classe.

Il est pris en charge par des enseignants du second degré spécialement formés et s’appuyant sur une équipe pluriprofessionnelle composée notamment de personnels sociaux et de santé.

• Dans une S.E.G.P.A. pour les élèves qui éprouvent les plus lourdes difficultés scolaires et qui présentent des perturbations sur le plan de l’efficience intellectuelle. Les enseignants de la S.E.G.P.A. conserveront leur formation spécifique mais seront intégrés dans un corps de personnels du second degré. L’intégration de la S.E.G.P.A. dans le Collège sera développée.



7- Pour fonctionner convenablement, le système éducatif doit avoir les moyens (matériels, financiers et humains) lui permettant d’atteindre les objectifs ambitieux qui lui sont assignés.

• Les dotations horaires des établissements doivent être calculées non en application de règles technocratiques mais, en fonction des besoins pédagogiques réels des collèges, en intégrant notamment le nombre des élèves en grande ou très grande difficulté et les moyens supplémentaires que leur prise en charge nécessite. Les S.E.G.P.A. conservent leur dotation spécifique.

Ces besoins pédagogiques réels seront définis par les horaires officiels des différents niveaux, pour tous les enseignements obligatoires. Ils seront calculés sur la base de 24 élèves maximum par classe et permettront de constituer des groupes à effectifs plus réduits, dont on sait qu’ils favorisent la réussite scolaire. En outre, un large choix d’options sera proposé aux élèves.

Les contenus des programmes devront être adaptés aux capacités de la grande majorité des élèves.

• Parallèlement, il faut augmenter sensiblement le nombre des nouveaux enseignants recrutés pour faire face à l’augmentation globale de la charge de travail qu’une véritable réforme du Collège entraînera, s’ajoutant aux nombreux départs en retraite programmés.

Les responsables politiques doivent en effet comprendre qu’un système éducatif ayant pour objectif de conduire chaque élève au moins au C.A.P. coûte plus cher qu’un enseignement élitiste qui fonctionne comme une tour de distillation fractionnée en rejetant dans la vie active, bien avant la fin du Collège, des dizaines de milliers de jeunes sans qualification.

Le système éducatif constitue avant tout un investissement qui s’avère toujours rentable à long terme, tant l’inadaptation professionnelle et sociale coûte cher au contribuable, même si ce sont d’autres lignes budgétaires.



8- On ne peut donner un haut niveau de formation générale ou une qualification professionnelle à chaque élève qu’en diversifiant les parcours de formation en Collège.

On ne peut prendre en charge des élèves de niveaux aussi différents et traiter avec succès des difficultés aussi diverses par des méthodes d’enseignement quasiment uniformes et quelques heures de « soutien ». Il faut tenir compte de la personnalité, des compétences des élèves pour susciter et développer leur motivation. Seuls des enseignants formés à cet effet et disposant de personnes «ressource» appartenant à différentes professions peuvent y parvenir.


9- Il sera procédé à une réforme des programmes alliant actualisation des contenus, allégement, harmonisation intra et inter disciplinaire, mise en synergie des disciplines sur l’ensemble de la scolarité.

Des programmes noyaux nationaux dont les contenus doivent être acquis par tous les élèves seront définis à l’intérieur des programmes officiels.

Les élèves qui n’éprouvent pas ou peu de difficultés approfondiront l’ensemble du programme afin que le système éducatif leur permette de développer toutes leurs potentialités.



10- La préparation aux grands choix d’orientation nécessite que les élèves aient une idée précise des différentes voies de formation qui s’offriront à eux après le Collège et de leurs débouchés actuels.

Pour toutes ces raisons, on multipliera progressivement, dès la classe de 5 ème, les présentations (conférences, vidéo, etc.) des différentes voies de formation, les visites de Lycées professionnels, technologiques et d’enseignement général, d’entreprises.

Les élèves peu ou pas intéressés par l’enseignement général mais qui expriment une motivation pour la voie professionnelle pourront, dès la classe de cinquième, effectuer des stages de sensibilisation dans une formation professionnelle de L.P..

A l’issue de la classe de 5ème, les élèves motivés volontaires pourront, tout en conservant leur statut de collégien, accéder à une 4ème de découverte professionnelle 6 heures implantées en lycée professionnel ou, à défaut en collège (en partenariat avec les lycées professionnels du secteur). S’il s’avérait que cette formation ne corresponde pas à leurs attentes, ils pourraient alors regagner leur collège d’origine tant qu’ils n’auraient pas atteint l’âge de 16 ans, bénéficiant ainsi d’un véritable « droit à l’essai ».

Ils pourraient ensuite intégrer une 3ème "découverte professionnelle 6 heures" puis choisir un baccalauréat professionnel ou un CAP organisé par unités capitalisables leur permettant d’acquérir à leur rythme une qualification diplômante .

L'implantation d'internats dans les lycées professionnels ayant ouvert des classes de 4e et de 3e DP6 est de nature à favoriser, l'accès de ces classes aux élèves géographiquement éloignés.



11- Les jeunes en situation de refus scolaire et qui ne respectent pas les obligations faites aux élèves doivent être scolarisés dans des structures adaptées créées en nombre suffisant jusqu’à ce que leur niveau et leur comportement permettent une insertion profitable à tous, dans un collège ou un lycée.

C’est la seule façon de concilier obligation scolaire pour tous et droit de chaque élève à suivre une scolarité profitable pouvant le conduire au maximum de ses possibilités.

De plus, la lutte contre la déscolarisation ne passe pas seulement par la contrainte mais aussi par la diversification des modalités, des structures et des établissements d’accueil. Par exemple, en proposant des sections de remise à niveau aux jeunes ayant "décroché".

C’est pourquoi les élèves en situation de refus du système scolaire d’enseignement général et professionnel pourront, sur leur demande et à partir de l’âge de 14 ans, choisir une formation en alternance sous statut scolaire combinée ou non avec un dispositif type "relais" ou C.L.I.P.A. Ils disposeront alors d’un droit de reprise de leurs études pour une durée au moins égale à celle restant à courir jusqu’à leur 16ème anniversaire.

A leur demande, ils pourront réintégrer leur collège d’origine ou un lycée professionnel dès lors qu’ils apporteront la preuve de leur motivation et qu’ils respecteront les obligations faites aux élèves par la Loi.

On veillera à ce que les élèves soient réintégrés dans des classes et structures correspondant autant que faire se peut à leur niveau et à leur âge.

Le refus persistant d’assumer les obligations contenues dans la Loi entraînera le placement dans un dispositif adapté, hors du Collège ou du Lycée professionnel.

La mise en place d’un «droit à l’essai», accompagné de la possibilité de retourner dans son collège d’origine, évite la reconstitution de filières étanches et garantit le respect de l’égalité des chances.



12- L’orientation, à quelque niveau qu’elle intervienne, doit s’effectuer sur des critères positifs de motivation et de compétences tout en tenant compte de la réalité économique afin de favoriser l'insertion professionnelle. L’enseignement des disciplines permettant d’exprimer des qualités différentes de celles révélées par les disciplines d’enseignement général doit donc être développé.

En effet, un niveau faible dans les disciplines d’enseignement général n’induit pas obligatoirement des compétences inversement proportionnelles dans des disciplines plus professionnelles. Un élève ne devrait donc pas être orienté contre sa volonté vers une formation professionnelle qui ne correspondrait pas forcément davantage à ses aptitudes.

Dès lors, choisi sur des critères de motivation et de compétences, l’enseignement professionnel cessera d’être considéré comme une voie de relégation et ses diplômes seront valorisés.



13- Comme pour les écoles, un ensemble de savoirs et de savoir-faire nécessaires à la poursuite des études dans chacun des trois types de Lycées sera défini pour le Collège.

A intervalles réguliers, un bilan des acquis des élèves du Collège sera réalisé, de véritables dispositifs d’aide et de rattrapage seront rapidement mis en place dès que des difficultés seront constatées. Les élèves seront alors pris en charge, selon l’importance de ces difficultés par des personnels formés à cet effet.



14- Les élèves éprouvant des difficultés plus lourdes et persistantes au cours de leur scolarité en Collège seront pris en charge, dans le Collège, par des enseignants spécialement formés s’appuyant sur une équipe pluriprofessionnelle dont la composition a été définie précédemment.

Le temps supplémentaire ainsi éventuellement passé en Collège au-delà des quatre ans de base ne consisterait pas, sauf exception, en année(s) de redoublement d’une classe. Il sera consacré à un rattrapage intensif des lacunes subsistant parmi les connaissances indispensables à la poursuite de la scolarité dans l’un des types de Lycée.

Pour une efficacité maximale le rattrapage s’effectuera dans des groupes à effectifs très réduits et selon une pédagogie adaptée à l’âge de ces élèves.

Les élèves qui choisissent une orientation en Lycée professionnel à la fin de la classe de cinquième ou de quatrième pourront bénéficier d’un dispositif de rattrapage similaire si leur niveau le nécessite.

Ainsi, la réduction des inégalités ne sera plus virtuelle mais bien mieux assurée.



15- Il faut recréer, pour les élèves et les personnels de bonnes conditions matérielles de travail et de sécurité, conditions indispensables à une scolarité profitable.

Dans ce but, les Conseils Généraux construiront des collèges à «taille humaine» adaptés à l’âge des jeunes adolescents qu’ils accueillent. La norme de 600 élèves maximum sera retenue.

Les établissements trop importants seront partitionnés et les secteurs scolaires seront progressivement modifiés pour que les collèges dont l’effectif est supérieur à 600 atteignent rapidement cette norme.



16- Le «brassage social» demeure un principe républicain essentiel qui prépare l’insertion sociale et professionnelle. Sachant qu’il est de plus en plus illusoire de vouloir l’imposer en raison de l’existence même de l’enseignement privé et de la disparition de la carte scolaire, tout doit donc être fait pour le favoriser.

Le renforcement de la sécurité dans les établissements, la scolarisation dans des structures adaptées des jeunes en situation de refus scolaire, la mise en place de classes semi-hétérogènes liées aux dispositifs lourds de rattrapage, une répartition plus équitable des langues vivantes et des options rares (surtout les plus valorisantes), la mise en valeur des réussites constatées sont seules susceptibles de faire baisser le nombre des demandes de dérogation et des départs vers l’enseignement privé.

Il faut également favoriser la nomination, dans les établissements actuellement les plus difficiles, de personnels motivés et volontaires. Ce volontariat devra être suscité par l’attribution d’avantages qui seront attribués en moyens supplémentaires et non au détriment des autres personnels. On évitera ainsi les effets très souvent désastreux de l’affectation autoritaire de jeunes collègues sans expérience sur les postes les plus difficiles.



17- La consolidation des connaissances instrumentales de base acquises à l’Ecole s’effectuera de façon dégressive, de la 6ème à la 3ème. A l’inverse, la préparation aux grands choix de l’orientation donnera lieu à une montée en charge progressive.



18- Les enseignants du Collège, comme ceux des Ecoles et ceux des différents types de Lycées, seront spécialement formés pour pouvoir assumer les spécificités de leur mission dans le type d’établissement où ils exercent. Cet aspect essentiel a trop longtemps été négligé.

Dans tous les cas, la professionnalisation du métier sera renforcée.



19- La concertation des enseignants, indispensable à tout travail en équipe ainsi qu’à la mise en place rapide d’actions de soutien et à l’intervention efficace d’équipes pluriprofessionnelles, sera intégrée dans l’obligation actuelle de service des professeurs.

Il en sera de même de l’heure de vie de classe et du suivi des élèves (entretien individualisé d’orientation, PPRE,etc).

Le service des enseignants sera de 15 heures de cours, d’études dirigées et de 3 heures de concertation, d’heure de vie de classe et de suivi individualisé des élèves.

Le service des Agrégés enseignant en Collège sera aménagé de façon à permettre l’intégration de la concertation dans leur service actuel de 15 heures en présence des élèves.




Ces analyses et propositions ne prétendent pas à l’exhaustivité. Elles sont formulées par des enseignants qui, au quotidien, vivent les attentes et la diversité croissante de leurs élèves. Des enseignants qui subissent la difficulté de plus en plus grande d’exercer leur métier et qui mesurent chaque jour les ravages que l’absence de mesures adaptées provoque.

Les enseignants de Collège estiment que le temps n’est plus aux simples déclarations d’intentions ou aux mesurettes mais bien aux décisions novatrices et courageuses.

Certaines de nos propositions vont à contre-courant de bien des dogmes ou d’idées à la mode. Elles seront donc considérées par certains comme «pédagogiquement» inadaptées ou «politiquement incorrectes». Mais l’important n’est pas là.

Notre démarche est exclusivement guidée par un triple objectif : améliorer la qualité de l’enseignement et de la formation dispensés aux élèves, le fonctionnement du service public d’éducation pour assurer sa pérennité et son développement, les conditions de travail des élèves et enseignants pour leur permettre de donner le meilleur d’eux-mêmes.

Le «Collège unique» conçu en 1975 n’est plus qu’une illusion ; la question n’est donc plus de savoir s’il faut le garder ou le changer mais de définir rapidement ce que l’on doit reconstruire à sa place.

Il faut avoir le courage d’ouvrir le dossier et vite, de débattre publiquement et honnêtement dans l’intérêt des jeunes qui nous sont confiés et qui constituent l’avenir de notre pays, notre avenir.