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Nos revendications

Congrès National de Troyes des 28, 29 et 30 novembre 2007

Résolution d'orientation générale

RÉSOLUTION D'ORIENTATION GÉNÉRALE : adoptée à l'unanimité (2 abst.)

Des considérations politiques, économiques, voire idéologiques ont conduit à une perte d'efficacité de notre système éducatif et à une baisse importante de la considération portée aux enseignants.

Le Congrès national du SNCL-FAEN définit les objectifs que le syndicat s'assigne pour les trois années à venir.

Le Congrès national du SNCL-FAEN arrête un "projet éducatif et professionnel" ambitieux permettant d'atteindre ces objectifs et dont les principes guideront les analyses et prises de position des responsables du syndicat ainsi que l'élaboration des revendications.

L'ANALYSE DE LA SITUATION

La société française évolue de plus en plus rapidement, confrontée à des transformations économiques, sociales et technologiques rapides, encore amplifiées et accélérées notamment par le développement de normes européennes et la mondialisation.

Le système éducatif a subi de plein fouet l'évolution d'une société qui a perdu certains de ses repères et peine parfois à en trouver de nouveaux.

Les raisons de la crise du système éducatif sont multiples.

• Les conséquences de l'échec scolaire engagent plus fortement que par le passé l'avenir professionnel de nos élèves et leur insertion dans la société.

• L'enseignement n'est plus le seul vecteur de diffusion des connaissances. Au fur et à mesure que d'autres supports, notamment médiatiques, se développent la considération portée aux enseignants décroît.

La vulgarisation des connaissances engendre parfois des appétits qui transforment l'éducation en un enjeu de pouvoir pour de nombreux groupes de pression politiques, philosophiques, financiers, religieux, sectaires.

• Les liens entre l'Ecole et une partie de la population qui lui reconnaît de moins en moins le rôle "d'ascenseur social" se sont distendus. La légitimité de l’Ecole est de plus en plus contestée.

• Cette perte d'image de l'Ecole et de la fonction enseignante se trouve aggravée par la dévalorisation des rémunérations des personnels de l'éducation nationale.

• En se dégradant profondément, les conditions générales de travail, certes matérielles mais également psychologiques, provoquent une plus grande difficulté d’adaptation des néo-recrutés, une usure professionnelle plus fréquente des personnels, une pénibilité accrue pour tous. Cette dégradation réduit parfois considérablement l'efficacité de l'enseignement et peut rendre le métier insupportable aux professeurs jusqu’à porter atteinte à leur santé.

• L’intrusion, quasi généralisée, dans les établissements scolaires des humiliations, des insultes et des actes de violence qui se développent dans la société, entraîne le désarroi de personnels non formés pour y faire face et qui ne sont pas ou peu soutenus par leur hiérarchie.

La perte de considération envers l'Ecole et ses personnels conduit des délinquants, qu'ils soient élèves, parents ou extérieurs à la communauté éducative à s'en prendre de plus en plus fréquemment aux personnes et aux biens.

Dans ce contexte général, les professeurs, les personnels d'éducation et de surveillance font le constat amer qu'on les a recrutés pour faire un métier tout en leur refusant les conditions indispensables pour qu'ils puissent l'exercer convenablement et en leur imposant d’autres fonctions pour lesquelles ils ne sont pas formés.

LES GRANDS OBJECTIFS DU SNCL-FAEN

Pour mettre fin à ce délitement du système éducatif, le SNCL-FAEN, définit un ambitieux projet éducatif et professionnel auquel il fixe les principaux objectifs suivants :

• Garantir à chaque jeune le droit d’accès à la connaissance, à l'éducation et à la culture quels que soient ses origines sociales, géographiques, ses opinions philosophiques, politiques et religieuses, celles de sa famille ou ses handicaps, notamment en attribuant au système éducatif les moyens nécessaires.

• Accentuer la lutte contre l'échec scolaire, en aidant chaque élève à atteindre le maximum de ses possibilités, et redonner ainsi à l'Ecole de la République son rôle d'ascenseur social au service de tous.

• Recréer à l’Ecole une mixité sociale et renforcer la préparation de l'insertion sociale et professionnelle des jeunes afin de développer les liens sociaux et la cohésion de la Nation.

• Maintenir l'Ecole à l'abri des luttes d’influence politiques, idéologiques et des intérêts commerciaux ou financiers afin que le système éducatif puisse travailler plus efficacement, en toute sérénité et dans le respect de tous.

• Redonner à la fonction enseignante la considération de sa hiérarchie et de la société toute entière et la reconnaissance financière qui devraient être les siennes compte tenu du niveau de formation des personnels et de l'importance de leur rôle social.

• Renforcer l'efficacité de l'acte pédagogique et redonner à tous les professeurs le plaisir d'enseigner en améliorant les conditions d'exercice du métier et la formation.

LE PROJET ÉDUCATIF ET PROFESSIONNEL DU SNCL-FAEN

Pour atteindre ces objectifs, le projet éducatif et professionnel du SNCL-FAEN repose sur des principes et orientations qui constituent le fil conducteur de ses analyses, prises de position et revendications.

1. Permettre à chaque jeune l'accès à la connaissance, à l'éducation et à la culture.

L’Etat, parce qu'il détient la capacité d'édicter les règles communes à tous les citoyens, de faire respecter leurs droits fondamentaux et de faire primer l'intérêt commun sur les intérêts privés, doit seul par son service public laïque d'éducation assurer cet accès sur l'ensemble du territoire national.

C'est pourquoi le SNCL-FAEN réaffirme son attachement au service public laïque d'éducation, exige que les moyens financiers et humains suffisants lui soient attribués pour lui permettre de remplir dans de bonnes conditions l'intégralité de ses missions.

Le syndicat apporte le même attachement à l'ensemble de la fonction publique qui, en fournissant des garanties similaires dans d'autres domaines essentiels pour les citoyens, contribue à la cohésion sociale.

Le rôle principal de l'Ecole consiste à transmettre des savoirs, des savoir-faire et des savoir-être aux enfants et aux adolescents qui lui sont confiés, à préparer leur insertion sociale et professionnelle.

Parce qu'il est très difficile, voire impossible, d'instruire des jeunes de moins en moins éduqués, l'Ecole contribue de plus en plus souvent, de fait, à leur éducation, éducation dont les parents demeurent les premiers et les principaux responsables.

2. Accentuer la lutte contre l'échec scolaire

Cette lutte passe tout d'abord par une définition claire, arrêtée par la représentation nationale, des missions et priorités assignées à chaque type d'établissement.

Pour le SNCL-FAEN :

- l'école primaire doit concentrer son action sur les apprentissages fondamentaux, la détection et la prise en charge précoces des élèves en difficulté. Elle doit également apporter aux élèves les connaissances qui leur sont nécessaires pour comprendre le monde qui les entoure.

- le collège a pour mission de transmettre et de structurer, par des voies diversifiées, les savoirs généraux nécessaires à la poursuite d'études, à la formation professionnelle et à l'insertion sociale. Il doit également permettre à l'élève d'élaborer l'ébauche de son projet scolaire et professionnel duquel il déduira ses premières demandes d'orientation.

- les lycées assurent l'approfondissement des connaissances, la spécialisation progressive des études et des formations, préparent les élèves qui en ont la volonté et les compétences à la poursuite d'études ou de formations. Le lycée est également le lieu où l'élève y précise son orientation scolaire, professionnelle et s'y affirme en tant que citoyen.

Le système éducatif doit donner aux élèves la maîtrise des moyens d’accès aux informations et la capacité de trier, vérifier et structurer les savoirs épars, foisonnants ainsi recueillis.

La détection des difficultés, leur prise en charge individualisée imposent d'améliorer la formation initiale et continue des enseignants et de constituer des équipes pluriprofessionnelles pour renforcer les équipes pédagogiques et éducatives.

Le SNCL-FAEN estime qu'une partie de l'échec scolaire est actuellement dissimulée par un abaissement des exigences et du niveau de certains diplômes. La lutte contre l'échec scolaire passe aussi par une évaluation nationale, objective et à intervalles réguliers, qui permette d'apprécier le niveau des élèves et de détecter rapidement les difficultés pour les résoudre.

3. Renforcer l'insertion sociale et professionnelle

La valorisation de l'enseignement professionnel ne doit pas se réduire aux discours officiels mais doit entrer dans les faits grâce à un ensemble de mesures concrètes évoquées dans la "Résolution pédagogique".

L'amélioration de l'insertion professionnelle passe également par l'élaboration progressive d'un véritable projet professionnel par chaque jeune.

Les valeurs de la République s'imposent à tous. Leur enseignement doit être développé aux différents niveaux de l'Ecole afin de renforcer le lien social et la cohésion de la Nation.

4. Préserver l'Ecole des luttes d'influence.

La gratuité de l'enseignement et de l'éducation, facteur essentiel d’égalité, dépend directement d'un financement public suffisant pour lequel le SNCL se bat, chaque année.

La neutralité politique, religieuse, idéologique, le respect des autres et la tolérance, l'acceptation des différences et des contradictions, la recherche constante de l'égalité et de l'équité sont indispensables au bon fonctionnement de l'Ecole et à l'affirmation de la citoyenneté des élèves.

L'Etat doit en ce domaine donner l'exemple. La liberté syndicale, garantie aux citoyens par la Constitution, n'est effective que si l'Etat assure une stricte égalité entre les organisations. Il doit donc mettre fin aux discriminations entretenues entre les organisations syndicales, en permettant à toutes de se présenter aux élections professionnelles, et adopter un système de représentation plus respectueux de la diversité des opinions et permettant à chaque sensibilité de s'exprimer.

5. Redonner considération à la fonction enseignante.

Le métier d'enseignant demande une mobilisation de connaissances vastes, constamment mises à jour, une implication personnelle importante bonifiée par l'expérience.
Enseigner ne constitue pas une fonction occasionnelle mais un véritable métier qui s'apprend et dont l'exercice s'inscrit dans la durée.

L'usure psychologique et physique que ce métier provoque de plus en plus souvent et qui rend son exercice impossible pour certains collègues doit conduire l'Etat à reconnaître la pénibilité du métier en prévoyant des possibilités de réorientations de carrière pour les enseignants qui le demandent, après une moyenne ou longue durée d'exercice et en facilitant les départs en retraite, dès 60 ans.

L'exercice d'une mission aussi difficile, doit inspirer le respect envers ceux qui l'exercent ainsi que la reconnaissance morale et financière de la Nation. Le SNCL-FAEN réclame non seulement le maintien du pouvoir d'achat mais une revalorisation des salaires et l'accélération des déroulements de carrière à hauteur de l'utilité sociale du métier. Cette revalorisation ne saurait constituer la contrepartie d'une nouvelle augmentation du nombre d'heures travaillées et des tâches à accomplir.

Le SNCL-FAEN demande l’abandon du système actuel de promotion dite « au mérite », cause d’injustices entraînant amertume, dépit et au final démotivation de nombreux collègues.

Cette revalorisation doit également s'appliquer aux pensions qui constituent un salaire continué.

Le SNCL ne se résout pas à voir la durée d’activité s’allonger et les montants des pensions régresser. La réflexion sera conduite au sein des instances du syndicat autour de quatre axes :

- les retraites dans le contexte général de l’économie, du travail et de la démographie,

- le mode de financement des retraites (actuellement sur le seul revenu du travail),


- les différents régimes, points communs et spécificités,

- compléments et optimisation de la pension et des revenus.

Les enseignants et les personnels d'éducation, comme tous les autres fonctionnaires doivent effectivement bénéficier de la protection de la collectivité publique au nom de laquelle ils agissent. La qualité de cette protection constitue un révélateur probant de la considération portée aux personnels.

6. Renforcer l'efficacité de l'enseignement.

Ce renforcement postule la prise de décisions importantes dans plusieurs domaines.

• Instaurer le respect, rétablir l'autorité des personnels, la discipline et une ambiance de travail propice aux apprentissages,

• Combattre les incivilités et la violence, faire respecter le règlement intérieur et les règles de vie en société, améliorer le fonctionnement des établissements.

• Prendre davantage en compte les avis des professeurs dans l’orientation et la scolarité des élèves.

• Améliorer les conditions de travail, qui se sont fortement dégradées et considérablement alourdies, pour réduire l'usure du métier, faciliter le travail des élèves et celui des personnels. Cette amélioration ne peut intervenir dans un contexte de fermeture de postes et de baisse continue de recrutement des personnels.

• Développer la formation initiale, la formation continue sur le temps de travail et améliorer leur contenu en l'adaptant aux évolutions du métier et aux types d'établissement d'exercice pour qu'ils puissent assumer l'ensemble de leurs missions.

• En cas d’évolutions démographiques majeures, les mesures envisagées devront être négociées avec les représentants des familles, des collectivités et des personnels en tenant compte des données socio-économiques, de l’intérêt des élèves et de celui des personnels.

MANDAT AUX RESPONSABLES

Le Congrès national estime que des accords électoraux, nationaux, académiques ou locaux sont possibles dès lors qu'ils sont fondés sur le respect de l'indépendance des organisations signataires et la convergence des principales revendications concernées par le champ de l'accord.

Ce principe ne peut être mis en œuvre, aux plans national et académique, que sur décision et sous le contrôle de l'une des instances nationales qui veillera également à ce que ces accords ne portent pas atteinte à la crédibilité d'ensemble du syndicat et ne risquent pas d'affaiblir les listes nationales présentées.

Le Congrès national du SNCL-FAEN mandate l'ensemble des responsables et des adhérents pour faire connaître, défendre et appliquer les positions et revendications contenues dans les textes votés par le Congrès national.

Le Congrès mandate le Conseil national, le Bureau national et le Secrétariat général pour traduire ces objectifs, orientations et principes dans les différentes concertations, négociations et autres interventions de la vie syndicale.