
Cette fois c’est fini… Les dernières épreuves du BEP sont terminées...
Cette fois c’est fini… Les dernières épreuves du BEP sont terminées.
Certes, les "puristes" diront qu’une certification intermédiaire est prévue dans le cadre du bac pro 3 ans, mais chacun sait qu’il n’y a là qu’un dispositif sans saveur destiné à répondre aux angoisses des parents face à un éventuel échec de leurs enfants.
Chacun sait également que, dans le domaine professionnel, un diplôme n’a de valeur que s’il est utile dans le monde de l’entreprise et, malgré les discours ministériels, nous ne voyons toujours pas en quoi une certification intermédiaire, passée essentiellement en contrôle en cours de formation (CCF), aurait une quelconque valeur pour des professionnels.
Mais notre ministère se soucie-t-il de ce problème? D’ailleurs considère t-il encore le niveau V de qualification? Ne veut-il pas conserver les jeunes plus longtemps dans le système scolaire, obéissant ainsi à une revendication effarante de certains?
Dirigée par de hauts responsables bardés de diplômes, notre administration ne semble pas bien connaître les réalités de l’enseignement professionnel.
En effet, la réalité devrait être examinée avec attention.
D’abord, le bac pro 3 ans (avec sa certification intermédiaire) ne semble pas faire recette dans toutes les filières alors que les demandes en CAP explosent dans les secteurs industriel et du bâtiment. Le parcours en deux ans est donc plébiscité par de nombreuses familles. Nous l’avions prévu et annoncé au Ministère dès les prémices de la réforme.
Sans être visionnaires, nous savons que le public des LP est souvent en délicatesse avec le système scolaire. Le choix de la voie professionnelle est souvent le fruit d’une volonté d’accéder rapidement au monde du travail. C’est pourquoi les élèves choisissaient le BEP (en deux ans) plutôt que le bac technologique (en trois ans).
Nous avions poussé le constat plus loin : une fois le BEP obtenu, deux ans passent vite, les jeunes demandaient souvent une poursuite d’étude en bac pro deux ans. Certes, il y avait des décrochages mais il n’y avait pas là un argument suffisant pour supprimer un diplôme initial en deux ans.
Face à cette situation, sans nous opposer totalement au bac Pro 3 ans, utile en tertiaire où il n’y a plus d’emplois de niveau V, nous avions demandé :
1°) de revaloriser le CAP et d’augmenter le nombre de places pour accueillir tous les jeunes
2°) de mener une vraie réflexion sur l’orientation au collège.
Malgré l’évidence de ces demandes, nous sommes loin d’avoir été entendus. Pour des raisons politiques et financières, les places en CAP n’augmentent pas dans le service public (les Régions compensent via l’apprentissage!) et les principes d’orientation n’ont pas évolué restant sur un schéma encore plus obsolète aujourd’hui qu’hier.
Les effets de la réforme risquent donc d’être catastrophiques. Il devient dangereux de croire que le bac pro 3 ans limitera l’échec scolaire : sans place en CAP pour réorienter les jeunes, c’est même l’inverse qui risque de se produire.
Si nos responsables ne veulent pas regretter la disparition du BEP, il est encore temps pour eux d’agir: halte à l’immobilisme, mesdames et messieurs de la haute administration, réagissez et bougez, mais dans le bon sens.