
Réforme oblige, la nouvelle seconde voit donc le jour dès 2010 sans le recul nécessaire ...
Réforme oblige, la nouvelle seconde voit donc le jour dès 2010 sans le recul nécessaire à toute mise en œuvre d'une réforme pensée et réfléchie. Citons quelques conséquences de cette précipitation.
• Des manuels scolaires choisis à la va vite en septembre et qui ne seront disponibles pour certaines matières au mieux qu'à la fin de l'année si les régions acceptent de les changer.
• Une mise en place en aveugle de l'accompagnement personnalisé, chaque établissement élaborant sa propre cuisine tant dans le contenu que dans les horaires et les modalités de mise en œuvre.
• Des modules d'enseignement d'exploration qui eux aussi sont dispensés de manières différentes tant dans l'horaire que dans la composition des équipes, le public visé et les modalités.
Bref, tout est à inventer mais tout sera remis en cause dès l'an prochain quand les moyens alloués seront réduits !
Une fois de plus l'éducation nationale improvise, fait jouer les cobayes à ses professeurs, à ses équipes administratives et à ses élèves, leur laissant finalement la responsabilité de l'échec. Mais dans tous les cas, la réforme sera un "succès" budgétaire qui aura permis la suppression de milliers de postes d'enseignants !
Au SNCL, ce n'est pas notre conception de l'enseignement. Nous souhaitons la réussite scolaire, universitaire et professionnelle de nos élèves ainsi que l'épanouissement des enseignants et des personnels d'éducation dans l'exercice de leur métier.
Vouloir donner plus de liberté pédagogique aux enseignants c'est bien, vouloir donner plus d'autonomie aux établissements, pourquoi pas si on fixe clairement les objectifs, les moyens et les limites mais ne pas donner les mêmes conditions d'enseignement à tous les élèves de seconde, là çà pose problème.
Que selon le choix du conseil d'administration, on puisse par exemple travailler en classe dédoublée dans une matière expérimentale dans tel établissement et en classe complète, sur un même programme dans tel autre, c'est tout à fait inacceptable. L'autonomie atteint là ses limites.
Prenons maintenant le cas de l'accompagnement personnalisé (2 heures-élèves soit 72 heures années), certains établissements considèrent que la moitié du temps doit être donnée au professeur principal qui ne peut l'être en seconde que s'il a la classe complète; ce qui exclut de fait les professeurs de langues.
Tous les élèves y ont droit. Reste à identifier les besoins de chacun de manière précoce dans l'année ou attendre une mise en place plus tardive avec, de fait, le glissement progressif vers une annualisation du temps de travail des enseignants.
Vous l'aurez compris, chacun va expérimenter, sachant que l'objet avoué de ces 2 heures s'avère : "être un palliatif au redoublement et à la réorientation". Pas d'évaluation, le résultat doit apparaître dans l'amélioration du niveau de l'élève dans la partie tronc commun...
Ne nous y trompons pas, le ministère enlève des heures de cours aux élèves des classes de seconde, et leur donne 2 heures d'accompagnement qui pourront être faites par tout un chacun. Demain, pourquoi ne pas se passer des enseignants pour ce genre de travail sur la méthodologie, la prise de notes etc ? En quelque sorte des jardins d'éveil au lycée.