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Collèges

Une rentrée en CLAIR

Le programme CLAIR (Collèges, lycées pour l’Ambition, l’Innovation et la Réussite) a été lancé par Luc Chatel ...

Le programme CLAIR (Collèges, lycées pour l’Ambition, l’Innovation et la Réussite) a été lancé par Luc Chatel, ministre de l’Education nationale, le 25 juin dernier au collège Henri Wallon à Marseille, dans une improvisation totale !

Une circulaire publiée au BO du 22 juillet 2010 en fixe le cadre.

Lancé dans la foulée des Etats généraux de la sécurité à l’école, ce programme concerne au total 106 collèges et lycées répartis dans 10 académies (principalement des collèges et des LP), en cette rentrée 2010. Il vise à être étendu à la rentrée 2011 et s’applique déjà à des établissements pas nécessairement estampillés Réseau Ambition Réussite.

Principalement conçu pour stabiliser les équipes pédagogiques, ce programme a pour vocation le développement de postes à profil, le recours large à des expérimentations pédagogiques et la désignation de « préfet des études » pour chaque niveau, moyennant «rémunération plus importante et évolution de carrière facilitée », selon les dires du ministre. Celui-ci entend « personnaliser l’enseignement, adapter le projet, faire confiance aux équipes locales et donc proposer davantage d’autonomie aux établissements ».

Ce dispositif "CLAIR" pourrait, à court terme, remplacer celui de l'éducation prioritaire.

ANALYSE DU SNCL

Ce nouveau dispositif préparé et lancé à la hâte en fin d’année scolaire, sans aucune concertation avec les organisations syndicales, renforce encore l’idée selon laquelle le gouvernement ne tient aucun compte de l’avis des gens de terrain.

L’idée d’améliorer ce qui peut l'être est en soi louable. Mais ne soyons pas naïfs, c'est encore la recherche d'économies budgétaires qui explique la démarche. C'est le remplacement des dispositifs de l'éducation prioritaire par un nombre beaucoup plus réduit d'établissements du dispositif "CLAIR" qui est recherché.

Or, à ce jour, Luc CHATEL n'a pas donné davantage de précisions concernant la prise en compte financière et les possibles "avantages" en matière d'avancement pour les collègues potentiellement intéressés. Il va sans dire que pour rendre un poste attractif, des mesures compensatoires substantielles paraissent indispensables – mesures qui ne doivent en aucun cas se faire au détriment d'autres collègues.

Et même si le ministère dégage quelques moyens pour les 106 premiers établissements qu'adviendra-t-il en cas de généralisation du dispositif ?

Que penser de ce nouveau poste de « préfet des études » appartenant à l'équipe de direction pour la vie scolaire ? Ne risque-t’ il pas d'interférer avec les missions des CPE et des COP ? Quelle répartition des missions ? Quel bénéfice pour les élèves ?
Le SNCL voit dans le développement de postes à profil initié par ce type de programme un nouveau coup porté au statut d’enseignant. Les chefs d’établissement peuvent donc d’ores et déjà recruter des équipes de professeurs sur profil.

L’Observatoire des Zones Prioritaires parle d’ailleurs de « démantèlement de la gestion des personnels », dans une dépêche du 15 mai 2010.

Car derrière ce énième plan, c’est bien le démantèlement de notre service public qui est visé. Et c’est ce qui nous inquiète ! Car Luc Chatel veut «remplacer le dispositif d’éducation prioritaire existant». Or, il ne s'agit pas de la même logique !

En résumé, la méthode utilisée pour la mise en œuvre de ce programme "clair" ainsi que les objectifs réels de l’opération sont loin d’être limpides pour le SNCL, ou au contraire bien trop flagrants ! En proposant davantage d’autonomie aux établissements, c’est la logique comptable qui prime et certainement pas le bien-être des élèves et des enseignants ! Comment peut-on croire qu’un énième plan, même issu des Etats généraux sur la sécurité, peut résoudre les difficultés croissantes de nos élèves ? Difficultés aux origines multiples mais souvent sociales.

C'est pourquoi le SNCL demande avant tout que soit établi un bilan précis et contradictoire de tous les dispositifs déjà mis en œuvre dans les zones d'éducation prioritaire.

En outre, le SNCL dénonce l'incohérence du programme "clair" destiné principalement à lutter contre la violence et amené, selon le ministre, à remplacer le dispositif d'éducation prioritaire dont la vocation première n'est pas de combattre la violence mais de compenser les handicaps sociaux et de conduire tous les élèves à plus de réussite scolaire.

SOCLE COMMUN : INTRODUCTION DE DEUX NOUVEAUX PILIERS ?

Le 25 juin 2010, le député Jacques Grosperrin, a proposé devant l’Assemblée Nationale d’ajouter deux nouveaux piliers au socle commun :
• « la culture technologique »
• « la maîtrise du corps »

Cette mesure intervient alors même que ce parlementaire est peut-être un des seuls à vouloir relancer un socle commun loin d’être accepté et complètement mis en œuvre dans les établissements.

Pour le SNCL, le "socle commun" tel qu'il est conçu, constitue davantage un cache-misère qu'un dispositif susceptible de conduire chaque élève au maximum de ses possibilités.

ET LE COLLÈGE UNIQUE ?

La principale raison de l'échec du collège unique réside dans la suppression de toute prise en charge diversifiée des élèves.

Par idéologie égalitariste pour certains, par volonté d'économie budgétaire des gouvernements, le "collège unique" est progressivement devenu uniforme. Or l'égalité ne correspond pas obligatoirement à l'équité.

Cette uniformisation des parcours scolaires provoque des réactions de rejet, parfois violentes, de la part de certains élèves dont elle aggrave l'échec.

Depuis trente ans les problèmes les plus graves ont été soigneusement éludés.

Le SNCL-FAEN demande :

• La prise en charge immédiate et intensive, dès la 6ème, des élèves présentant des lacunes importantes ;

• Une diversification de la prise en charge des élèves afin de mener chacun d'eux au maximum de ses possibilités ;

• La création de classes de 4ème découverte professionnelle 6 heures implantées en lycées professionnels pour des élèves volontaires qui conserveraient jusqu'à 16 ans la possibilité de revenir en collège (un véritable droit à l'essai).